• Justine du Marquis de Sade

    Justine du Marquis de Sade

     

    Justine du Marquis de Sade

     Justine et Juliette sont sœurs. Elles ont respectivement 12 et 15 ans quand elles se retrouvent seules, à la mort de leurs parents. Juliette décide de trouver les moyens d'une vie confortable dans le lit des hommes. Justine, elle, ne veut pas entendre parler d'une telle déchéance. Pas de chance, tous ceux qu'elle rencontre sur son chemin lui font subir les pires sévices sexuels, et la chaste Justine voit passé plus de semence en quelques pages qu'un bataillon de prostituées à l'heure de pointe. Considéré longtemps comme une espèce d'antéchrist, le "divin marquis" bénéficie aujourd'hui d'une seconde lecture : merci Freud !

     

    Justine du Marquis de Sade

    Erotique / Les classiques de l'érotisme / 287 p.

     

    Justine du Marquis de Sade

    Tout d’abord, je tiens à mettre en garde le lecteur. Ce livre n’est pas abordable par n’importe qui. En effet, il est classé dans la catégorie érotique, et ce n’est pas qu’un détail, l’auteur enchaîne les scènes choquantes les unes après les autres, sans nous laisser le temps de respirer.  De plus, le style de l’auteur est celui du XVIIIème siècle, donc plutôt compliqué à lire et à comprendre. C’est donc aux lecteurs de plus de 16 ans que je le conseille. Maintenant vous êtes averti.

    Le roman se découpe en deux parties, très condensées et écrites en paragraphes. L’absence de chapitre à l’intérieur de ces parties m’a en partie gênée parce qu’elle rend le livre difficile à lire, en plus des petits caractères, et du champ lexical. Il faut donc s’accrocher pour ne pas abandonner le livre dans un coin et en commencer un autre. La couverture quant à elle reste classique et apporte un petit clin d’œil au genre du roman, mais n’attire ni ne repousse le regard.

    Justine, roman éponyme raconte donc l’histoire étrange et néanmoins tragique d’une jeune fille que l’on peut qualifier de chaste, croyante et surtout vertueuse. Le roman commence alors que Justine et sa sœur Juliette se font renvoyer du couvent après la mort de leurs parents. Elles sont toutes les deux jeunes, sans argent et sans ressource. Je pensais à ce moment là que le livre allait se découper en deux parties, une concentrée sur Juliette et l’autre sur Justine, avec l’opposition du vice et de la vertu.

    Dans les premières pages, Sade se concentre effectivement sur le sort de Juliette, qui contrairement à sa sœur à préféré trouver les moyens de vivre auprès des hommes, il  passe très vite sur son sort et fait un saut dans le temps. C’est à partir d’ici que l’histoire commence à s’embrouiller, il m’a fallu plusieurs pages pour comprendre que l’auteur introduisait l’histoire de Justine à travers un rencontre entre les deux sœurs, des années après alors qu’elles d’étaient perdues de vue à la sortie du couvent. De plus Sade choisit de renommé Justine tout au long du roman, ou nous découvrons ses malheurs sous le prénom de Thérèse. Que ce soit donc la première ou la seconde partie, elle est essentiellement centrée sur Justine.

    Tout au long du roman, nous découvrons divers personnages, certains plaisant d’autres tout particulièrement malfaisant et parfois même à la limite de l’insupportable. Justine tout d’abord agace et fait naître la pitié tout du long. En effet, alors qu’il lui arrive une crasse toutes les trois lignes, elle continue à suivre ses principes à la lettre, à accorder sa confiance à n’importe qui et s’en remettre aux autres. Mais ses défauts, sont aussi des qualités qui peuvent tendre à impressionner le lecteur. Sa détermination à suivre le chemin de la vertu, à rester dans le droit chemin ou encore son entêtement à croire en Dieu alors que ses vœux ne sont presque jamais réalisés, m’ont marqué et surtout m’ont inspiré un certain respect. En effet, ce n’est pas tous les jours que l’on croise des gens si ancré dans leur croyance et qui préféraient mourir plutôt que de retourner leur veste.

    Les autres personnages, à la fois principaux, c'est-à-dire important et en même temps complètement secondaires sont pour la plupart des hommes, qui font subir à la pauvre justice les pires sévices sexuels et humiliations que l’imagination la plus perverse n’aurait osé imaginer. Certains sont des femmes, qui la trompent, ou la déshonorent, selon ce qu’elles reprochent à notre pauvre héroïne. Et quelques uns sont gentils, doux, mais malheureusement ne peuvent rien pour l’aider, et c’est souvent elle qui se porte à leur secours, pour tout le temps le regretter amèrement par la suite.

    Sade alterne tout au long du livre les scènes de sexe, ou plutôt les orgies sexuelles avec les longs débats sur la vertu, où Justine se bat pour prouver au monde et où les autres tentent en vain de lui ouvrir les yeux : il ne sert à rien d’être vertueux quand le crime nous apporte la fortune. Tel est le message qui revient le plus souvent. Néanmoins l’auteur fait un véritable éloge de la vertu, critiquant à tout va la société qu’il peint dans son roman. Il met en avant, en ce siècle de la chasteté, tous les vices cachés de l’être humain. Mais ce qui m’a le plus marquée est la critique inlassable de l’Eglise, car c’est dans un monastère que Justine va perdre tout ce pourquoi elle se battait depuis le début : sa virginité, sa dignité, et presque sa foie, qui malgré tout tiendra bon.

    Ce livre met en avant le libertinage et fait un éloge construit du vice, très prisée à cette époque, mais que tout le monde niait et réprouvait dans ses dires. Sade, avec Justine, non seulement se découvre, mais met à nue le jeu auquel beaucoup se prêtait dans l’ombre. Il décrit avec un vocabulaire imagé les jeux auxquels pouvaient être confrontée n’importe qu’elle fille, qu’elle soit riche ou de petite vertu. Le champ lexical employé par l’auteur aurait pu rendre le livre facile à lire dans la mesure, ou beaucoup des termes ne sont plus employés aujourd’hui, mais la récurrence des scènes de violences sexuelles que subit Justine m’a presque donné la nausée.

    Après avoir fini ma lecture tant bien que mal, j’ai appris que le nom de l’auteur, Sade avait donné naissance au mot « sadisme », pour conclure, je dirais donc que je ne comprends toute l’étendue de ce mot qu’aujourd’hui. C’est un livre intéressant, mais qui ne se lit pas pour le plaisir, et avec un œil ouvert pour repérer les nombreuses critiques mises en avant.


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